Le Panama est un pays riche de cultures anciennes, abritant encore aujourd’hui sept communautés autochtones : les Guna, Naso Tjër Di, Ngäbe, Buglé, Bri Bri, Emberá et Wounaan. Présentes bien avant la conquête espagnole, ces communautés continuent de défendre leur identité, leurs traditions et leurs terres.
Leur savoir-faire artisanal est remarquable : sculptures en bois, miniatures en graines de palmier, paniers, masques, sacs tissés à partir de fibres végétales et vêtements traditionnels colorés.
Les populations indigènes représentent un peu plus de 17 % de la population panaméenne. Si certaines communautés restent très rurales, d’autres intègre une part de modernité, notamment grâce au tourisme, tout en préservant leur culture.
Durant votre séjour, il est possible de rendre visite aux trois communautés les plus accessibles :
- Les Guna, en bord de mer dans l’archipel de Guna Yala.
- Les Ngäbe, dans les montagnes de l’ouest du pays.
- Les Emberá, au cœur de la forêt tropicale.
Ces peuples accueillent les visiteurs avec bienveillance, heureux de partager leur culture.
Les Ngäbe-Buglé
Les Ngäbe et les Buglé sont deux peuples autochtones culturellement proches, regroupés au sein d’un même territoire administratif appelé Comarca Ngäbe-Buglé. Les Ngäbe, plus nombreux, parlent le ngäbere, tandis que les Buglé s’expriment en buglere. Ensemble, ils constituent la population autochtone la plus importante du Panama.
La Comarca, établie en 1997, s’étend sur des zones des provinces de Chiriquí, Bocas del Toro et Veraguas. Elle bénéficie d’un statut semi-autonome, qui permet à ses habitants d’exercer une gouvernance propre sur leurs terres, en coordination avec les institutions nationales.
Les Ngäbe-Buglé jouent un rôle essentiel dans la culture de leur pays : production de café et de cacao, artisanat, spiritualité… Leur lien avec la nature est profond.
Les chutes d’eau, par exemple, sont considérées comme des lieux sacrés, véritables passerelles entre le monde terrestre et celui des ancêtres.
Le cacao occupe également une place centrale dans leurs rituels, cérémonies et remèdes traditionnels.
Les robes traditionnelles portées par les femmes, aux coupes longues et ornées de motifs colorés, témoignent d’un savoir-faire transmis au fil des générations.
Les Guna
Les Guna sont l’un des peuples autochtones du Panama vivant principalement dans la région autonome de Guna Yala, un territoire composé d’un archipel côtier bordant la mer des Caraïbes, également connu sous le nom de San Blas. Cette région s’étend jusqu’à la frontière avec la Colombie.
Guna Yala est caractérisée par une forte organisation communautaire et une gouvernance autonome. L’économie locale repose en partie sur la culture de la noix de coco, largement présente sur le territoire, ainsi que sur l’accueil de visiteurs dans certaines îles, selon les décisions prises collectivement.
Les Guna sont profondément attachés à leur autonomie et à la préservation de leur culture. En raison d’une histoire complexe avec l’État panaméen, ils privilégient aujourd’hui une certaine réserve dans leurs relations avec les visiteurs.
Ils accueillent néanmoins les voyageurs avec bienveillance sur leurs îles, parmi les plus belles et préservées du Panama, tout en respectant le rythme, les règles et l’intimité de la communauté.
L’un des éléments les plus représentatifs de cette culture est la mola, une pièce textile confectionnée en appliqué et broderie, traditionnellement portée par les femmes. Chaque mola est unique, souvent inspirée de formes animales ou de croyances spirituelles, illustrant les trois piliers de leur vision du monde : Dieu, la nature et le cosmos.
Il est possible de découvrir cet art textile dans les communautés ou au Musée de la Mola, situé dans le quartier historique de Panama City.
Les tenues traditionnelles portées par les femmes comprennent des vêtements colorés, des bijoux en or, et des ornements perlés portés notamment aux chevilles, qui témoignent d’un savoir-faire transmis au fil des générations.
Les Emberá-Wounaan
Les Emberá et les Wounaan sont deux peuples autochtones originaires des forêts tropicales du Darién. Aujourd’hui, certaines communautés vivent également le long du fleuve Chagres et jusqu’aux abords du canal de Panama. Malgré cette proximité croissante avec les zones urbaines, les Emberá-Wounaan continuent de préserver activement leur langue, leurs danses, leurs chants et leur relation spirituelle à la nature.
Leur vision du monde repose sur l’idée que chaque élément naturel possède un esprit, ce qui fonde un lien fort de respect envers les rivières, les forêts et les êtres vivants. Cette cosmologie se reflète aussi dans leur artisanat traditionnel : bijoux en perles, paniers tressés, sculptures en bois de cocobolo ou en graines de tagua, issus de savoir-faire transmis collectivement.
Le tourisme communautaire représente aujourd’hui une source de revenus pour certaines communautés, qui choisissent d’ouvrir leur territoire à la rencontre dans le respect de leurs pratiques et de leurs choix de vie.
Lors de certaines cérémonies ou moments de transmission culturelle, les membres des communautés portent des tatouages temporaires à base de jus de jagua, issus d’une tradition ancestrale à forte valeur symbolique. Ces marques corporelles, associées à des parures de perles colorées, expriment des éléments identitaires et spirituels profonds.