Voyager à travers le Panama, c’est traverser des siècles d’histoire, d’échanges, de luttes, de conquêtes et de rencontres. Du tumulte des pirates qui ont attaqué les premiers ports espagnols, aux forêts (presque) impénétrables, en passant par les eaux turquoise de Coiba peuplées de poissons en tout genre, le Panama offre un patrimoine aussi riche que varié.
Reconnu par l’UNESCO, ce patrimoine mondial se décline en six sites exceptionnels, reflets de l’identité unique de l’isthme : à la fois carrefour historique entre deux océans et sanctuaire de biodiversité.
Forts de Portobelo et San Lorenzo, inscrits depuis 1980
Ces impressionnantes fortifications du XVIIe et XVIIIe siècle protégeaient la côte caraïbe contre les invasions et les pirates. Portobelo fut l’un des ports les plus importants pour l’exportation de l’or et de l’argent vers l’Espagne, tandis que San Lorenzo, perché à l’embouchure du fleuve Chagres, surveillait l’accès vers le canal naturel reliant l’isthme.
Ces sites furent les premiers sites panaméens à être classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
Portobelo se rejoint en voiture depuis Colón (1h30 de Panama City). Les forts sont en libre accès et offrent un cadre spectaculaire face à la mer des Caraïbes. San Lorenzo, plus isolé, nécessite une excursion (souvent combinée avec les écluses d’Agua Clara côté Caraïbes). À privilégier pour les amateurs d’histoire et de belles vues maritimes.
Réserve de biosphère du Darién, inscrit depuis 1981
Le Darién, frontière naturelle entre le Panama et la Colombie, est l’une des dernières grandes forêts tropicales intactes d’Amérique centrale. Inscrite au Patrimoine mondial, cette réserve impressionne par sa biodiversité unique, avec des espèces rares comme l’aigle harpie, le symbole du Panama, et par la présence de communautés indigènes Emberá et Wounaan. Territoire isolé, il attire les aventuriers en quête d’une immersion totale dans une nature sauvage et préservée.
Ce territoire reste difficile d’accès : on y va uniquement avec un guide expérimenté. Destinée aux voyageurs aventuriers, la visite se fait dans le cadre d’expéditions organisées, parfois en lien avec des communautés indigènes. Une expérience hors des sentiers battus, pour ceux qui cherchent une immersion totale dans la jungle.
Parc international de la Amistad, inscrit en 1990.
Partagé entre le Panama et le Costa Rica, ce vaste parc de 400 000 hectares est un sanctuaire de biodiversité. Ses montagnes abritent une grande variété d’écosystèmes : forêts tropicales, páramos, rivières cristallines et une faune impressionnante, dont le quetzal resplendissant. C’est aussi une terre culturelle, où vivent plusieurs communautés indigènes qui perpétuent leurs traditions. Un lieu idéal pour les amateurs de trekking et de nature sauvage.
Le parc est accessible depuis les régions montagneuses de Chiriquí et Bocas del Toro. Peu développé pour le tourisme de masse, il s’adresse surtout aux randonneurs expérimentés et aux voyageurs en quête d’aventure. Privilégiez la saison sèche (décembre à avril) pour profiter des sentiers. Possibilité d’organiser des excursions avec des guides locaux spécialisés en observation des oiseaux.
Panama Viejo, inscrit depuis 1997
Fondée en 1519, Panama Viejo est la première cité européenne sur la côte Pacifique des Amériques. Ses ruines témoignent de l’époque coloniale et de l’importance stratégique de la ville comme point de départ vers le Pérou et les grandes routes commerciales.
Aujourd’hui, on y découvre la tour de la cathédrale, vestige emblématique, et des musées retraçant son histoire mouvementée, notamment l’attaque du célèbre pirate Henry Morgan en 1671. Une visite incontournable pour plonger aux origines de la capitale.
Situé à seulement 15 minutes du centre moderne de Panama City, le site se visite facilement en une demi-journée. Prévoyez une visite guidée (en français possible) pour mieux comprendre les vestiges. Le musée sur place rend la visite très accessible, même avec des enfants.
Parc national marin de Coiba inscrit depuis 2005
Ancienne colonie pénitentiaire devenue paradis naturel, l’île de Coiba et son archipel environnant sont aujourd’hui un joyau marin. Le parc protège l’un des plus grands récifs coralliens de la côte pacifique américaine et une biodiversité exceptionnelle : dauphins, requins-marteaux, requins baleines, raies manta et tortues marines. Classé à l’UNESCO, c’est une destination prisée des plongeurs du monde entier, offrant des fonds marins parmi les plus riches de la planète.
L’accès se fait uniquement en bateau depuis Santa Catalina (province de Veraguas) accompagné d’un guide. Excursions d’une journée ou séjours plongée sont proposés par des opérateurs locaux. Les plongeurs certifiés seront comblés par la richesse des fonds marins, mais les amateurs de snorkeling peuvent aussi profiter de la beauté des récifs.
La Route transisthmique, inscrite en 2025
Dernière inscrite au Patrimoine mondial, cette route historique relie l’océan Atlantique au Pacifique. Elle englobe le Camino de Cruces, les infrastructures logistiques de l’époque coloniale et les fortifications qui jalonnaient ce corridor stratégique. Ce chemin fut essentiel pour le commerce mondial, bien avant le canal de Panama. Explorer cette route, c’est remonter le temps et comprendre comment l’isthme a toujours été un pont entre les continents et les océans.
Il est aujourd’hui possible de parcourir ses routes coloniales, accompagnés d’un guide en trek ou en packraft. L’expérience est idéale pour les voyageurs souhaitant se dépasser ou les amateurs de trek. L’équipe de Terra Panama, a d’ailleurs testé cette expérience pour vous et le recommande à 100%, vous pouvez lire l’aventure juste ici.